http://lesgracques.fr/wp-content/uploads/2014/12/logo-large-gracques-520x245.jpeg Philippe Aghion sur wikipedia

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Mission : Faire émerger une gauche moderne en France

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Les Gracques souhaitent "une réinvention de la gauche : engager enfin, et de façon irréversible, la gauche française sur la voie d'une social-démocratie moderne, pro-croissance et donc pro-entreprise et pro-européenne".

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Les Gracques de la République Romaine

Tiberius (-163 / -133) et Caius Gracchus (-154 / 121 ), œuvre d'Eugène Guillaume, XIXe siècle.

fiche wikipedia des Gracques romains

De -264 à -146 av J.C. le conflit entre Rome et Carthage pour la domination sur la Méditerranée fut à l'origine des 3 guerres puniques.

En -146 av. J.C., avec la prise de Carthage par le général romain Scipion Emilien, Rome élimine définitivement sa rivale historique.

Mais le soldat paysan romain, celui qui a fait la puissance de la République Romaine, sort ruiné de ce conflit interminable. Les riches sénateurs prétoriens s'emparent des terres du petit peuple romain, qui trouve refuge dans la capitale. C'est ainsi que les glorieux vétérans de l'armée romaine se retrouvèrent quasi clochardisés dans une capitale qui devint surdimensionnée par rapport aux ressources de l'antiquité.

Les riches sénateurs romains achètent des milliers d'esclaves pour remplacer les soldats-paysans romains qu'ils ont expulsés. A peine 5 ans après la victoire sur Carthage, le déclenchement de la première guerre servile (-139 à -132 av J.C.) révèle la fragilisation sociologique de la société romaine consécutive à sa victoire sur sa rivale historique.

Tiberius Sempronius Gracchus (-162 à -133 av J.C.) et son frère Caïus Sempronius Gracchus (-154 à -122 av J.C.) étaient deux sénateurs plébéiens, petits fils de Scipion l'Africain vainqueur de la 2éme guerre punique. Tiberius était de plus beau-frère de Scipion Emilen, le vainqueur de la 3ème guerre punique.

Selon Tite-Live, la décision d'agir de Tiberius naquit alors qu'il traversait l'Étrurie en direction de Numance. Il fut frappé par ces immenses domaines exploités par des hordes d'esclaves et par ces anciennes terres agricoles vides d'hommes.

Les frères Gracchus eurent pour objectif politique de restaurer les bases de la puissance romaine par une réforme agraire, dont le but était de redonner aux soldats-paysans romains les terres dont ils avaient besoin pour faire vivre leur famille. Mais ce faisant, ils entraient directement en conflit avec les sénateurs prétoriens, qui complotèrent pour les faire exécuter.

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-139 à -132 : La première guerre servile

La première guerre servile prend place dans une période de troubles en Sicile, province romaine depuis la fin de la troisième guerre punique. Elle est due à la condition misérable des esclaves livrés à eux-mêmes sur des terres accaparées par un petit nombre de grands propriétaires et à la dureté, voire la cruauté, de certains d'entre eux.

À cette époque, la Sicile est une terre fertile, grenier à blé de Rome, qui compte de vastes latifundia où travaillent de nombreux esclaves cantonnés en ergastules. Elle compte également d'importantes régions de pâtures où un grand nombre d'esclaves, souvent originaires de l'Orient hellénistique, sont bergers. Pour subvenir à leur besoins, ceux-ci vivent de rapines et de brigandage au détriment des petits propriétaires, particulièrement au centre de l'île, dans la région d'Enna et à l'ouest, dans celle de Ségeste et Lilybée. Cette situation entraine une grande insécurité à laquelle Rome ne remédie cependant pas, car elle n'atteint pas la classe supérieure de l'île. (source wikipedia)

Ce n'est que lorsqu'une troupe d'esclaves menés par Eunous s'emparent de la ville d'Henna que Rome décide d'intervenir. La révolte s'étend dans toute la Sicile, où Eunos a constitué son propre royaume. Après plusieurs défaites, il faudra 7 ans pour que Rome mette fin à la première guerre servie.

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-133 à -31 : La guerre des Optimates contre les Populaires

sources : Histoire de la Rome Antique - Yann Le Bohec - Que sais-je 2012 - pages 26 à 29

La crise fut, paradoxalement, causée par le trop grand succès de la conquête, qui permit "la vengeance posthume d'Hannibal" (A. J. Toynbee). Par la conquête, les riches s'enrichissaient et les pauvres s'appauvrissaient. A titre de butin, les nobles ramenaient de nombreux esclaves, main d'oeuvre bon marché, qui leur permettait de mettre en valeur non seulement les terres qu'ils possédaient par héritage ou achat, mais encore celles qu'ils usurpaient sur le domaine public, l'ager publicus. A l'opposé, les soldats de plus en plus longtemps et souvent absents de chez eux, laissaient la surveillance et l'exploitation de leur terre à une épouse qui ne pouvait pas résister à un puissant voisin ni sur le plan économique ni sur le plan juridique. Ils ne réussissaient pas, même quand ils étaient présents, à concurrencer la main d'oeuvre servile. Ruinés, ils fuyaient vers les villes, surtout vers Rome qui devint la plus grosse agglomération du monde, et ils y formaient une masse de chômeurs misérables. Là, ils entraient dans la clientèle des riches qui les avaient ruinés : le client appuyait son patron dans ses entreprises politiques ; en échange, il recevait une sportule, panier de provisions ou somme d'argent qui lui permettait de vivre.

Pourtant, le peuple ne se révolta pas et les Romains ne songèrent jamais à instaurer un régime démocratique. Autre paradoxe, la rupture vint d'aristocrates qui estimaient qu'il fallait récompenser les soldats, diminuer le nombre d'esclaves et donner du travail aux pauvres par une loi agraire, en leur confiant une partie de l'ager publicus. En 134, Tibérius Gracchus, gendre du prince du Sénat, se présenta au tribunal de la plèbe, avec un programme simple : faire voter une loi agraire. Elu, il fit voter cette loi et, par la même, il fonda le mouvement des "populaires". Se dressèrent contre lui d'autres aristocrates, emmenés par Scipion le deuxième Africain, qui se baptisèrent les meilleurs, les optimates, et dont le programme était également très simple : ils ne voulaient pas même entendre parler de loi agraire. Tibérius fut assassiné. Dix ans plus tard, son frère, Caius, fut élu sur le même programme et subit le même sort; il est vrai qu'il avait renouvelé son tribunat de manière illégale. L'abandon provisoire de la loi n'empêcha pas le triomphe de l'idée.

NDLR : Le refus des réformes des Optimates fragilise l'armée de la République Romaine, qui de -113 à -105 ne subit que des échecs lors de l'invasion des Cimbres et des Teutons. Caius Marius réforme l'armée romaine, en la rendant permanente et formée de soldats de métiers. Les Optimates se réjouissent de cette nouvelle armée de métier, qui rétablit la situation contre les Teutons et les Cimbres entre -105 et -101 et qui se substitut à l'ancienne armée Républicaine, composée de citoyens romains victimes de leurs spoliations. Mais rapidement le Sénat perd le contrôle des légions, qui deviendront avant tout fidèles à leur chef, ce qui conduira à la fin de la république.

L'échec des Gracques fut ressenti comme l'échec de la voie légale. Il y eut bien une dernière tentative, mais elle fut menée en 100 par des extrémistes, le tribun Saturninus et le préteur Glaucia. Le débat se transporta sur les champs de bataille de la guerre civile, chaque camp se rangeant derrière un imperator, un "général victorieux par la volonté des dieux". Les populaires, les premiers, se confièrent à Marius, qui revêtit une série de consulats illégaux à partir de -107. Pour lui faire pièce, les optimates trouvèrent Sylla. Les violences furent inouïes et l'on assista à une première prise de Rome par Sylla en -88, une deuxième par Marius en -87, une troisième par Sylla en -83 ; la cruauté de ce dernier fut aggravée par une proscription (on donnait ce nom à une affiche qui portait les noms des condamnés à mort, susceptibles d'être tués par n'importe qui ; l'assassin étant récompensé par une partie des biens de la victime). Une révolte des Italiens contre Rome en -91/-88 (on les appelait "alliés", socii, d'où le nom de "guerre sociale" donnée à ce conflit) et une guerre servile en -73 (célèbre révolte menée par Spartacus) secouèrent la péninsule.

Après la mort de Marius et la démission de Sylla, la vie politique s'apaisa brièvement. Puis les optimates trouvèrent un nouveau chef en Pompée, qui s'entendit avec César, un populaire, en un premier temps (-60 / -59), puis qui le combattit en un deuxième temps, dans une nouvelle guerre civile (-49 à -45). L'assassinat de césar aux ides de Mars (15 Mars 44 avant J.C.), survint alors que le parti des optimates était étrillé et que l'idée monarchiste faisait son chemin dans les esprits. Les derniers républicains, Brutus et Cassius, furent vaincus et tués à Philippes (-42).

NDLR : Incapables de comprendre les bases politiques et économiques de la République romaine, dont ils étaient les premiers bénéficiaires, le refus des réformes des Optimates conduisit à leur propre perte.

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Les Gracques contemporains

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Après l'effondrement du mur de Berlin en 1989, les démocraties occidentales ont connu la même dérive que la République Romaine après sa victoire sur Carthage. Les véritables entrepreneurs et la classe moyenne, à l'origine de la richesse des démocraties occidentales, ont été évincés par une caste de grands financiers et de managers internationaux, qui ont accaparé à leur profit l'essentiel de la croissance des richesses des années 90 et 2000.

Dans les années 90, des millions d'ouvriers sont licenciés et leur emploi délocalisé dans les pays qui offrent les plus faibles salaires.

Dans les années 2000, ce sont désormais les emplois des informaticiens et des ingénieurs qui sont délocalisés au profit de la montée en puissance industrielle et technologique de la Chine.

Alors que les classes moyennes sont dangereusement fragilisées, les responsables de la crise financière de 2008, la plus grave crise depuis 1929, calculent leurs salaires et leurs primes en millions de dollars.

Reprenant le combat de leurs illustres prédécesseurs pour redonner à la République de fortes bases sociales, un groupe d'anciens conseillers de cabinets socialistes, d'avocats et de chefs d'entreprise veulent bousculer une gauche française très conservatrice pour qu'elle se modernise. Constitués en 2007 en association, présidée par Bernard Spitz, conseiller d'Etat, assureur et ancien conseiller de Michel Rocard, ils ont un écho sur la scène européenne, notamment en Italie.

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Vivement dimanche

Le Point 1er Janvier 2015

Les Gracques font un rappel des vraies valeurs défendues par la gauche :

 Ces valeurs historiques de la gauche ont été trahies par la vieille gauche archaïque qui s'oppose qui s'oppose à la loi Macron, à l'ouverture des magasins le dimanche et à toute réforme.

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Les Gracques : Schröder, avec nous !

Le Point 28 Août 2014

"Quand une économie est en croissance, un gouvernement de gauche sait ce qu'il a à faire : en répartir les fruits le plus justement possible. Comment ? Par une redistribution qui vient en aide aux plus modestes, finance les services publics et assure l'égalité des chances pour la jeunesse. Il y a à la fois justice horizontale entre catégories sociales et verticale entre générations.

Quand une économie est en panne de croissance, que faire ? La voie de la facilité est de faire indéfiniment "comme si". De continuer la subvention et le soutien qu'on accordait hier à telle association ou catégorie sociale, voire à d'autres pas moins méritantes, ou à tel projet qu'on lance sans savoir comment on le financera. Alors, on redistribue une richesse que l'on n'a pas. L'adaptation de l'économie tarde. La justice horizontale est à crédit et l'injustice verticale frappe les jeunes, qui devront régler les déficits de leurs ainés.

L'idéologie de la gauche archaïque, largement dominante en France, y compris dans la droite conservatrice, fait croire que :

Les vrais réformistes, dans le sillage de Manuel Valls, ne pensent pas cela. Ils mesurent la difficulté de notre situation : pas de croissance, un risque de déflation, les faillites, le chômage, les recettes fiscales atones, l'investissement qui se tarit, les déficits qui s'empilent. Le tout sans disposer de leviers d'action conjoncturels, budgétaires ou monétaires.

Les Gracques préconisent de :

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