Les Physiocrates

"Laisser faire les hommes, laisser passer les marchandises"

 

 

http://www.economie.gouv.fr/sites/all/themes/bercy/img/ministere-economie.png Le monde politique

 

 

 

L'école de pensée économique et politique des Physiocrates, née en France vers 1750, est à l'origine de l'économie et de "l'homme d'Etat" au sens moderne du terme. Les Physiocrates s'appelaient entre eux "les économistes".
Les Physiocrates français veulent aller au delà du Mercantilisme et du Colbertisme, en démontrant pour la première fois dans l'histoire l'effet bénéfique pour la richesse d'un pays de la liberté d'entreprendre et de la liberté du commerce : laisser faire les hommes, laisser passer les marchandise.

La Physiocratie est le "gouvernement par la nature", terme créé par Pierre Samuel du Pont de Nemours en associant les deux mots grecs phusis (la nature) et kraten (gouverner).

Précurseur

Pierre le Pesant Boisguilbert 1646-1714

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Les Physiocrates pour qui seule la terre est source de richesse

François Quesnay 1694-1774
Victor Riqueti de Mirabeau 1715-1789
Lemercier de la Rivière 1719-1801
Louis Paul Abeille 1719-1807
François Véron Duverger de Forbonais 1722-1800
Anne Robert Jacques Turgot 1727-1781
Andrè Morellet 1727-1819
Guillaume-François Le Trosne 1728-1780
Abbé Roubaud 1730-1792
Nicolas Baudeau 1730-1792
Pierre Samuel du Pont de Nemours 1739-1817

 

 

 

 

Vincent de Gournay et Turgot considèrent que les manufactures et le commerce sont également source de richesse

Vincent de Gournay et Turgot, souvent assimilés à l'école physiocratique, pensent au contraire que les manufactures et le commerce sont générateurs de richesses. Ils ne doivent donc pas être comptés parmi les physiocrates même s'ils ont fait beaucoup d'emprunts à ces derniers.

Vincent de Gournay 1712-1759
Anne Robert Jacques Turgot     1727-1781

 

L'héritage des Physiocrates

Les Physiocrates sans s'attaquer de front à l'Eglise, ont développé une pensée économique et politique qui sape les fondements de l'ordre divin de l'Eglise.

Par contre, au milieu du XVIIIème siècle, il était encore trop tôt pour rompre avec l'aristocratie terrienne : les physiocrates ont considéré que seule la terre, propriété de l'aristocratie, était source de création de richesses.

Il n'y a que Vincent de Gournay et Turgot a avoir considéré que les manufactures et le commerce étaient également sources de richesse. Mais comme les Physiocrates, leur pensée économique reste au service de la prospérité du royaume et des finances du pouvoir royal. Ce n'est pas encore le libéralisme utilitariste et individualiste  de l'école classique qui allait débuter en 1776 avec Adam Smith, traduisant la montée de la bourgeoisie et une remise en cause de l'ordre social de l'Ancien Régime..

Le célèbre "laisser faire les hommes, laisser passer les marchandises" affirme pour la première fois dans l'histoire la nécessité de la liberté d'entreprendre et de la liberté du commerce.

Le "despotisme éclairé" garant de "l'ordre naturel" annonce l'état régulateur, suffisamment fort pour assurer ses fonctions régaliennes.

 

1758 : Publication du tableau économique de François Quesnay

Dans le "Tableau économique", François Quesnay décrit la circulation des richesses dans l'économie, en s'inspirant de la théorie des cycles de François Véron Duverger de Forbonnais et du « zig-zag » élaboré sous la direction de Vincent de Gournay et Richard Cantillon. Ces travaux révolutionnaires pour l'époque anticipent ceux d'Adam Smith en s'intéressant à la création de la richesse, mais aussi et surtout à sa répartition via des diagrammes de flux et de stocks représentant de manière très élaborée le fonctionnement de l'économie.
Le but de ce groupe de marchands et de grands commis de l'État est de mettre en place les outils qui permettront au roi de France de mieux mesurer la création et la distribution de richesses et ainsi pouvoir faire de meilleures lois permettant d'éviter les disettes via une production et une répartition optimisées des richesses.

Les "éphémérides du citoyen" de l'abbé Baudeau

Après avoir publié leurs écrits dans le Journal de l'agriculture, du commerce et des finances, les Physiocrates rejoignent les Éphémérides du Citoyen, dirigé par l'abbé Baudeau, nouvellement converti à l'école de Quesnay. Dupont de Nemours, Mirabeau et Baudeau en feront le sanctuaire de la pensée économique des Physiocrates, ainsi qu'un moyen privilégié de diffusion des principes économiques en France. C'est notamment dans les Éphémérides que seront publiées les Réflexions sur la formation et la distribution des richesses de Turgot.

Catherine II la Grande, le roi Stanislas II font aussi partie de cette école de pensée.

Les principes de l'école physiocratique

« La doctrine des physiocrates est un mélange de libéralisme économique et de despotisme éclairé [...] la pensée des physiocrates s'ordonne autour de quatre grands thèmes :
  • la nature
  • la liberté
  • la terre
  • le « despotisme légal » [...] L'État doit être gouverné par des propriétaires fonciers ; eux seuls ont une patrie ; patrie et patrimoine sont joints. [...] Les physiocrates sont donc hostiles à toute réglementation. Leur formule est « laissez faire, laissez passer » [...] Les physiocrates sont partisans de la monarchie absolue. »

— Jean Touchard, Histoire des idées politiques, tome 2, Du XVIIIe siècle à nos jours, PUF, 1958.

      

Le "despostisme légal" garant de l'ordre naturel

Selon les physiocrates, il existe un ordre naturel gouverné par des lois qui lui sont propres, et qui repose sur le droit naturel. Par exemple, chaque homme a droit à ce qu'il acquiert librement par le travail et l'échange. Le rôle des économistes est de révéler ces lois de la nature. La liberté et la propriété sont des droits naturels que le souverain doit respecter et protéger en les consacrant dans le droit positif. Le rôle du pouvoir est de garantir l'application du droit naturel.

Les physiocrates ne remettent pas en question la monarchie, mais veulent que le souverain, loin de se comporter en monarque absolu ou en despote arbitraire, se soumette au droit naturel et le fasse respecter. En revanche, pour faire respecter ce droit naturel qui s'impose à tous, il doit user de toute son autorité. C'est le sens de l'expression « despotisme légal » utilisée par Lemercier de la Rivière, qui s'apparente plus au concept libéral d'État minimum qu'à l'acception courante du mot despotisme.

Les Physiocrates inventent "l'homme d'Etat" des sociétés modernes, au service d'un pouvoir efficace, arbitral, réformateur, sans idéologie. L'homme d'Etat est au service de l'Etat et non d'un parti politique, au service de l'intérêt général et non d'intérêts particuliers.

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