Kamel Daoud

Algérie

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écrivain et journaliste

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I - Biographie Kamel Daoud

17 Juin 1970 : Naissance de Kamel Daoud (arabe : كمال داود), à Mesra, wilaya de Mostaganem en Algérie.

1994 : Entre au quotidien d'Oran

2011 : Parution du "Minotaure 504"  (Sabine Weispieser), un recueil de nouvelles (repris et augmenté en 2015 chez "Babel" / Actes Sud sous le titre "la préface du nègre")

2013 : Parution en Algérie de son premier roman "Meursault, contre-enquête" (Barzakh)

2014 :

2015 : Prix Goncourt du premier roman.

31 Janvier 2016 : Kamel Daoud publie dans le Monde une Tribune suite aux agressions sexuelles de la Saint Silvestre à Cologne. Dans cette tribune, il aborde les problèmes de la sexualité dans la culture arobo-musulmane, de la même façon que Freud analysait les problèmes sexuels de l'Europe chrétienne du XIXème siècle.

8 Mars 2016 : Prix Jean-Luc Lagardère du journaliste de l'année

11 Février 2016 : Le Monde publie une Tribune d'un "collectif d'intellectuels" de la gauche archaïque anti-humaniste, cautionnée par quelques universitaires de la nomenklatura algérienne, pour dénoncer comme "islamophobe" toute réflexion sur les problèmes sexuels dans les cultures musulmanes.

L'écrivain est choqué par les attaques de ce "collectif" collabo de l'extrémisme religieux, qui vient cautionner la fatwa émise contre lui : « je pense que cela reste immoral de m'offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. ».

Analysant cette polémique Laurent Bouvet estime qu'« une certaine gauche, politique et intellectuelle, c'est le cas aussi dans l'université et la recherche, se comporte de manière très complaisante avec l'islamisme » et emploie « à l'encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme elle, des méthodes d'intimidation et de disqualification, notamment en usant et abusant du mot “islamophobie”. »

Pascal Bruckner, Michel Onfray, Raphaël Enthoven, Natacha Polony dénoncent eux aussi les attaques de la cléricature islamo-gauchiste, qui voudrait interdire tout débat en Occident et dans le monde arabe, pour faire disparaître toute pensée humaniste et toute liberté individuelle en terre d'Islam.

8 Mars 2016 : L'iman qui a lancé la Fatwa contre Karim Daoud est condamné à 6 mois de prison, dont 3 fermes.

La nation algérienne affirme son autorité et sa dignité face au mépris condescendant de la gauche bien pensante de l'ancienne métropole coloniale  vis à vis d'un des plus brillants intellectuels algériens.

Avril 2016 : Prix Jean-Luc Lagardère du journaliste de l'année

Editeurs : Actes Sud

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II - Pensée de Kamel Daoud

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Etre libéral selon Kamel Daoud

"Je suis un enfant du socialisme algérien. Je me suis construit en opposition à ce système sclérosé qui méprisait la réussite individuelle, l'individu, le singulier. J'aime les héros, ceux qui s'affirment, qu'ils perdent ou qu'ils gagnent. J'aime l'entreprise au sens large. J'aime le mot "liberté" qui se cache derrière "libéral". A contrario, j'ai horreur du collectivisme et de tous les conforts idéologiques. Les collectivismes aboutissent à l'immoralisme. Toujours. Et, dans un pays comme l'Algérie, où on répète le slogan marqueur de "Un seul héros, le peuple", s'affirmer est perçu comme une trahison." 

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Camus plutôt que Sartre

"Sartre incarne à mes yeux la pensée sans corps, tandis que Camus  représente la réflexion avec le corps, la chair. Sartre pensait "les situations" alors que Camus pensait "en situation". C'est la différence entre le théologien et le pèlerin."

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Attaques de la gauche collaborationniste contre la résistance de Kamel Daoud à l'islamo-faschisme 

9 Février 2017 - Le Point page 44

"Ces gens-là aimeraient que je me pose en victime du colonialisme et que je dise que l'islamisme est la religion des opprimés. Et bien, non ! Il y a une forme de racisme dans leurs déclarations condescendantes. Ils ne jugent pas mes propos, mais là d'où je les émets (l'Algérie). Je n'ai pas besoin que l'on parle à ma place.....Il y a danger à vouloir rappeler le crime colonial en s'alliant au discours de déni des élites au Sud ou au discours faussement victimaire de l'internationale islamiste. Ces attaques sont une démonstration de mépris, une myopie sur le présent et sur la réalité, qui n'est pas un enclos de théories universitaires. Je n'y mise pas ma vision, mais ma chair, et je n'ai pas besoin d'avocats en Occident pour défendre mes positions. Ni de procureurs, d'ailleurs, pour les condamner. Cette fonction que s'octroie la gauche universitaire pour sous traiter le souvenir colonial ou le droit de l'indigène est une insulte, sinon un fonds de commerce. Elle se fourvoie sur la réalité de mon monde, les menaces de l'avenir et l'analyse du présent. Tout en m'ôtant le droit de parole sans sous-titrage".    

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Réponse à ces féministes qui voient dans la burqa et le burkini un moyen d'émancipation des femmes

9 Février - Le Point page 44

"Face à une idéologie totalitaire telle que l'islamisme, il ne faut rien céder. Le voile m"inquiète, mais la burqa et le niqab sont un moyen d'asservissement de la femme. Ces tenues ne sont pas le choix d'une liberté, mais des choix dictés, orientés, marqués idéologiquement et à effet de propagande évident.  La burqa n'est pas un tatouage d'adolescent, mais un renoncement, une culpabilisation du corps de la femme, une acceptation du statut "honteux" au nom d'un choix de liberté. La femme n'est pas une marchandise en Bikini ni une honte en Burkini. Elle est un être libre."

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L'Obsession de la repentance dans les milieux intellectuels occidentaux

9 Février - Le Point page 44

"Je n'aime pas cette obsession du passé et de la culpabilité. Elle déclasse et avilit le présent et la présence au monde. Je n'ai pas envie de transporter des cadavres sur mon dos. .... La colonisation a été un crime, mais il faut construire le présent. Les racines, c'est bien, mais les récoltes c'est encore mieux. En tant qu'intellectuel du Sud, j'ai besoins d'un Occident qui s'assume et j'ai besoin que les miens sortent du victimaire sans renoncement à la mémoire."

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La débâcle des régimes nationalistes arabes issus de la décolonisation


9 Février 2017 - Le Point page 114

"Débâcles des nationalismes devenus régimes prédateurs ou au patriotisme devenu idolâtrie aux yeux des islamistes et arnaques aux yeux des jeunesses désillusionnées".

"Le citoyen est, on le sait, gréviste et récalcitrant, demandeur de comptes et de liberté ; le croyant est, lui, soumis, décalé, attentif au paradis, pas à la cité terrestre, il ne demande pas des comptes mais des mosquées. Le partage des espaces est défini : au régime la rente, à l'islamiste l'espace public."

"Le musulman est une croyance, pas une citoyenneté : cette affirmation emporte le projet de société, le projet de citoyenneté, de nation, d'avenir. Il ne reste de nous que la religion et c'est ce que veulent les islamistes depuis toujours"

"Oeuvrant à l'irruption de la haine et de la différence, l'islamosphère autant que les journaux conservateurs dans le Sud ont préféré donner de la voix face à la décision (du bannissement des musulmans) de Trump  plutôt qu'à la réaction des gens dans les rues et les aéroports.  Ainsi, la grande muraille devient plus haute et on consacre l'idée d'un Occident qui nous vomit et d'un califat qui lentement se met en place pour nous accueillir avec compassion. Occupé par la culpabilité ou les plaidoyers, l'Occident n'a pas vu, perçu, senti l'immense onde de jouissance qui a parcouru l'islamistan à l'annonce du bannissement".

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La question du siècle : que faire des islamistes ?

16 Septembre 2012

"Le monde "arabe" continue de produire des islamistes à la base, partout et avec de l'argent. Les idées des wahhabites et autres ancêtres du crime se répandent, pénètrent les murs et les têtes. Partout dans le monde "arabe", on continue de glisser de la loi vers la fatwa, de l'élu par les urnes vers l'imam pars le ciel, de la Constitution vers la Charia, de l'école vers la récitation. C'est cette source qu'il faut tarir si on veut éviter un empire théologique dans quelques décennies. Sans cela, sans un effort dans la formation, les idéologies, l'éducation, cela ne sert à rien et on se retrouvera toujours avec la même question dans cinquante ans : que faire des islamistes ?

Pendant que le monde cherche, les élites religieuses en Arabie Saoudite ou en Iran continuent de publier, d'expliquer, de convertir, de répandre leurs avis, idéologies et conception du monde. Cela va vite.

Il n'y a pas de distance et de temps perdu en procédures entre une fatwa à la Mecque et une tête d'adolescent au Sahel. On le voit et le vit partout : cette idéologie a de l'argent, des écoles, des circuits et se répand. Nos enfants ne croient plus à la vie mais à sa gratuité. Les islamistes remontent le temps de plus en plus vite et ceux qui ne veulent pas le faire comme eux sont tués, lapidés, enterrés ou excommuniés. Il faut s'attaquer à la source, pas à l'effet, mais là l'Occident, autant que les dictatures arabes, est dans la complicité : chaque pouvoir "arabe" a ses islamistes qu'il gère, évite, encourage ou essaie de cacher. Les Etats-Unis aussi : il n'y a qu'à voir leur cécité sur l'Arabie Saoudite, source de pétrole et matrice des kamikazes".     

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Pourquoi les islamistes sont-ils si angoissés par la femme ?

8 Avril 2013

"L'islamiste est angoissé par la femme parce qu'il aussi angoissé par la différence : lui, il rêve d'un monde uniforme, unanime ; elle, elle incarne l'altérité nette et irréductible, la liberté de ne pas être un homme et la faculté de diversifier le monde." 

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Vous êtes "islamophobe" ! : La fatwa de la nouvelle inquisition

3 Août 2013

L'accusation d'islamophobie "sert à cacher le vol de chaussures dans les mosquées, le sous-développement de notre monde, le déni. Et ailleurs, dans le monde des autres, 'accusation sert à victimiser ceux qui veulent imposer leurs croyances aux autres.

Conclusion ? C'est en accusant les gens d'islamophobie que l'islamisme avance plus vite ....."

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L'Arabie Saoudite, un Daech qui a réussit

20 Novembre 2015

"Le déni de l'Occident face à ce pays est  frappant : on salut cette théocratie comme un allié et on fait mine de ne pas voir qu'elle est le principal mécène idéologique de la culture islamiste. Les nouvelles générations extrémistes du monde dit arabe ne sont pas nées djihadistes, elles ont été biberonnées âr la Fatwa Valley, espèce de Vatican islamiste avec une vaste industrie produisant théologiens, lois religieuses, livres et politiques éditoriales et médiatiques agressives."

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